Lecture – Ma Vie en ligne parmi 9 millions d’accros

Note : Aujourd’hui, j’ai décidé de chroniquer un livre relatant du jeu vidéo et plus précisément des MMORPG (Jeux de rôles multi-joueurs). Domaine globalement inconnu de moi, je voulais en lisant ce livre en savoir plus sur ces univers imaginaires où des centaines de personnes se connectent en même temps. Autant le dire tout de suite, ce livre est à éviter.

Bonjour tout le monde,

Le titre était original, il véhiculait une sorte de témoignage sincère, où l’immersion était la clé de voute de cet ensemble. N’y connaissant pour ainsi dire rien aux MMO, ma dernière expérience remonte à un Ultima Online il y a environ sept ans sur PC, expérience poussive et courte, je me disais qu’il était bon de lire un ouvrage centré sur World of Warcraft, la référence du genre. Jean-Paul Bourre, auteur atypique, rock’n’roll peut-on dire, nous offre un objet hybride déstabilisant et fascinant.

I) Les fesses entre deux chaises

C’est bien le sentiment que l’on a à la lecture du livre. Le tout commence avec un ton gouailleur dont l’auteur ne se séparera jamais, dommage car cette oralité excessive vire parfois à la beaufitude. Quelques considérations rapides s’attaquent aux clichés qui entachent notre média. Le geek asocial et compagnie. Bref, rien de nouveau au soleil, rien de très clair non plus. Ces premières pages ressassent de vieux combats sans pour autant nous proposer de belles armes à admirer.

L’intérêt vient après, après ce début un peu chaotique, le livre en effet se transforme en oeuvre hybride. Une oeuvre oscillant entre la fiction, le témoignage et l’essai. En fait, on ne sait plus, au bout de quelques pages, si c’est Jean-Paul Bourre qui nous parle de son expérience sur WOW ou s’il s’agit d’un personnage de fiction. Ou un peu des deux.

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Jean-Paul Bourre

Le narrateur nous raconte son entrée dans WOW, sa fascination pour ce monde virtuel. Assez rapidement il devient un gros joueur, enchaînant les quêtes. Le témoignage devient progressivement fiction. On est littéralement pris dans cette aventure comme si l’on avait entre les mains non plus le compte-rendu d’une expérience mais le récit d’un auteur d’heroic fantasy. Etonnant mais assez fascinant. Même si l’univers de WOW n’est franchement pas ce qui me fait le plus palpité, la narration est suffisamment bien menée pour donner envie d’en savoir plus.

Ce qui déstabilise, au-delà de ce passage du témoignage à la fiction, qui nous fait oublier la décentration que propose le témoignage, ce sont les éléments paranoïaques qui viennent nourrir le récit. On n’est plus seulement dans le détail d’une expérience vidéoludique mais bien dans un télescopage de deux univers. Le réel et le virtuel.

Le narrateur, gros joueur donc de WOW, voit apparaître dans le jeu, une sorte de personnage mystérieux lui donnant rendez-vous afin de rencontrer un chef de clan tout aussi inconnu. Quelques informations découvertes font même penser au joueur/narrateur que ces étranges avatars le connaissent vraiment. WOW empiète sur la réalité. A partir de là, notre narrateur poursuit son voyage dans le MMO tout en cherchant à en découvrir plus sur ces mystères. Le livre dérange car il suggère sans préciser.

II) Le soufflet raté

Seulement, si notre jugement doit être le plus précis possible, il est clair que l’ouvrage s’embourbe dans sa deuxième moitié. On suit encore les pérégrinations de l’avatar du narrateur dans WOW mais l’intensité du récit s’essouffle. Certes, il assiste à un gigantesque mariage ; oui, il participe à une sublime bataille mais le sens de la narration n’est inné. Jean-Paul Bourre nous le prouve. Le tour de force de la paranoïa dépassé, il ne reste plus qu’une sous-fiction, loin des ambassadeurs du genre.

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WOW

On s’ennuie ferme dans les quelques dizaines de pages qui nous séparent de la fin du livre. Jean-Paul Bourre nous donne l’impression de ne plus savoir quoi proposer à ses lecteurs. Timide tentative de pamphlet en guise d’ouverture, ratée, fiction bâtarde puis sous-fiction par la suite, le livre évolue mais ce statut évolutif ne se fait pas pour le meilleur. Plus de pertinence dans le propos, plus de tours de force pour la fiction, et encore moins un style, une densité de la narration. Le soufflet s’essouffle.

III) Conclusion 

Ma Vie en ligne parmi 9 millions d’accros reste un livre étonnant. Évoluant régulièrement, il donne l’impression de muter comme s’il ne savait pas où était sa place. Ni pamphlet, ni témoignage, ni fiction. Un peu tout cela à la fois, sans briller dans aucune des catégories. Si la surprise de ce brouillard des genres séduit au premier abord, la joie n’est que de courte durée puisqu’elle fait rapidement place à un certain ennui. Une production où la qualité n’est pas vraiment au rendez-vous.

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