Lecture – L’Encyclopédie des jeux vidéo (Frédéric Sanchez)

Cette Encyclopédie du jeu vidéo n’est pas le livre le plus réflexif sur le sujet mais offre une vision générale assez juste du média pour les débutants.

Bonjour tout le monde,

L’article d’aujourd’hui se présente comme une encyclopédie du jeu vidéo. Un ouvrage intéressant pour découvrir le domaine des jeux vidéo. Pas le texte le plus détaillé et rigoureux mais une porte d’entrée assurément.

A travers une encyclopédie ludique, comprenant environ deux cents visuels, Frédéric Sanchez tentait en 2008 de dresser un portrait exhaustif de l’industrie du jeu vidéo. Ouvrage dense en textes, oscillant entre la vraie encyclopédie et le guide pratique, l’Encyclopédie des jeux vidéo réussit globalement son objectif initial malgré quelques parties convenues et ennuyeuses.

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I) La traditionnelle éphéméride

Frédéric Sanchez ne cherche pas à esquiver ce passage quasi-obligatoire. C’est après la préface que le lecteur découvre une éphéméride des jeux vidéo. Tout lecteur d’essais sur les jeux vidéo connait, hélas, ce traditionnel, voire sacro-saint, historique du média. On se demande bien pourquoi un écrivain se sent obligé de « refaire le job » alors que tant d’autres avant lui se sont étalés sur le sujet. Probablement un point crucial pour le cahier des charges tenu par l’éditeur.

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La seconde partie de l’ouvrage, beaucoup plus conséquente, concerne les principaux constructeurs puis les principales consoles. Les deux se mêlant rapidement. Niveau exhaustivité, on ne peut qu’applaudir cette volonté de l’auteur d’embrasser toutes les structures ayant vu le jour. Portables, consoles de salon, de la VCS 2600 à la PS3 en passant par la V-Tech, Frédéric Sanchez n’oublie quasiment personne.

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L’Atari VCS 2600

On regrette tout de même l’envie, précipitée, d’inclure les consoles actuelles (Wii, 360, PS3) dans cette partie tant l’ouvrage. Le livre datant de 2008, il ne pouvait rendre compte de la dynamique de ces consoles que l’on peut désormais juger avec plus de lucidité.

Néanmoins, la construction de chaque partie reste intelligente. Pour chaque machine, Frédéric Sanchez nous propose un rappel des caractéristiques de la machine, la date de sortie française avant de se livrer à un bref historique. Néanmoins, ce qui suit est bien plus pertinent. L’ouvrage propose environ 10-20 titres indispensables (le chiffre fluctue selon la console) pour chaque console. Une bonne occasion pour le profane, ou même le gamer un peu perdu, d’avoir des balises vers lesquelles se diriger s’il souhaite parfaire sa culture vidéoludique. Un essentiel est forcément contestable mais Frédéric Sanchez ne se contente pas d’aligner les classiques tant entendus ici et là. On note par exemple quelques mentions plus confidentielles comme The Mark of Kri sur PS2.

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The Mark of Kri (PS2)

II) Les acteurs français du jeu vidéo

La troisième partie est une des plus réussies de l’ouvrage puisqu’elle consiste en des interviews d’acteurs français du jeu vidéo. Histoire d’aborder aussi ce média sous l’angle national. Le panel des intervenants est varié : James Rebours, travaillant un temps pour Sega France, des employés de Titus; Bigben, constructeur d’accessoires ; un graphiste, Philippe Dessoly ; un programmeur, Alain Fernandes ; Florent Gorges, le fondateur des éditions Pix’n Love ; Wonder, ex-journaliste de Player One ou encore Sylvain Barnet, collectionneur.

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Philippe Dessoly

Au final, on découvre un large portrait du jeu vidéo français. Des amateurs aux professionnels, des créateurs aux commentateurs. On regrette l’absence de grosses pointures comme Eric Chahi, Eric Viennot ou Philippe Ulrich tout comme celle d’un volet réflexif (Tony Fortin, Sébastien Genvo, etc.).

On peut reprocher à cette partie de manquer de mordant. Ubisoft ressemble plus aujourd’hui à une entreprise américaine implantée en France. Pourquoi ne pas évoquer cette évolution ? D’une production nationale à une création internationale plus aseptisée ? Pourquoi ne pas mentionner non plus, toujours sous la forme de comparaisons, le nombre de développeurs français ? Le portrait est assez exhaustif mais un poil trop sage.

III) Cinéma et jeux vidéo

La partie qui suit s’attarde sur les liens entre le cinéma et les jeux vidéo. Là encore, le souci est la trop grande gentillesse, pour ne pas dire complaisance ou naïveté, de l’auteur. En quelques pages, Frédéric Sanchez nous brosse l’histoire de cette jeune relation. De Tron aux Resident Evil, on avance aux pas de charge. A force de vouloir trop en dire, en quelques pages, on frise le résumé trompeur.

Certes, Frédéric Sanchez ose critiquer la version Van Damme de Street Fighter, ce qui équivaut un peu à enfoncer des portes ouvertes, mais il dresse au final un bilan positif, globalement positif, des adaptations de jeux en films. Sympathiques, divertissants même si tous les longs métrages ne sont pas bons. C’est quand même être bien indulgent que de ne pas évoquer le ratage absolu de cette relation, plus économique que créative (d’ailleurs ce sont souvent des réalisateurs et acteurs de seconde zone qui, en général, s’occupent de cette transposition cinématographique). Les choses changent un peu aujourd’hui, un peu.

StreetFighter

L’autre problème de cette partie, c’est l’oubli du Level Five de Chris Marker. Documentaire confidentiel mais très intelligent, empruntant beaucoup aux jeux vidéo et surtout cas quasi unique dans son genre. On attendait un peu plus de prise de risque, Frédéric Sanchez reste assez sage autant dans son jugement que dans ses références.

Histoire de clôturer cette courte partie, le lecteur découvre des condensés d’information sur les principales adaptations de jeux au cinéma. Il est intéressant de voir le budget et la recette mais, encore une fois, pas de critique, même succincte du film. On ne connait que le résumé, et jamais si la chose est bonne ou mauvaise, à part quelques considérations expéditives en l’introduction.

IV) Le hardware

L’avant-dernière partie concerne le hardware du PC avec un rappel de son évolution. Ce passage est original et globalement intéressant du fait d’une structure qui se repose sur des jeux, chronologiquement présentés, comme pour incarner ces évolutions.

V) Un glossaire

Enfin, les deux dernières parties de cette encyclopédie brosse un rapide glossaire du média ainsi qu’un résumé des genres vidéoludiques. L’ensemble est trop succin pour mériter le détour. Encore une fois, on pouvait s’attendre à une typologie un peu poussée ou à une liste pertinente de termes, il n’en est rien.

Conclusion

Avec quelques bonnes idées comme des essentiels pour chaque console, une partie sur le cinéma qui partait d’une intention louable et des interviews d’acteurs français du jeu vidéo, l’Encyclopédie des jeux vidéo de Frédéric Sanchez se présentait presque comme une référence. C’était sans compter sur une éphéméride moyennement captivante et surtout une absence de regard critique sur le média. Le regard se veut presque essentiellement descriptif. Du coup, on reste un peu trop en surface là où l’on attendait un vrai travail d’analyse, succédant au travail de recherche. Malgré ces défauts, L’encyclopédie des jeux vidéo reste une base, incomplète, pouvant servir à un début de culture vidéoludique. Pour approfondir ses connaissances en la matière, il faudra voir ailleurs.

En tant que professeur, je le conseille pour aller vers les jeux les plus importants du média. On pourra alors choisir ceux qui nous intéressent et commencer un travail de réflexion pour créer des activités pédagogiques.

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